Un nouveau tirage de tarot de Samhain. C’est un tirage personnalisé pour la personne qui a soumis ces mots-clés, que je partage comme prévu dans l’offre de tirages communautaires dans l’espoir qu’il trouve écho chez d’autres.
Lecture de tarot pour naissance, lignée, transmission, création
decks: wild unknown tarot et wild unknown archetypes pocket
pour info: Un tirage plus direct prédictif que mon style habituel parce qu’il est demandé par une pote qui a l’habitude de mes tirages et qui apprécie ce style. spoiler alert: pas de prédiction, parfois on n’est pas censé.e savoir, c’est ainsi.
position et cartes tirées:
passé: ermite / présent: 7 de coupes – ce qui floute/obstrue la vision: pendue – lâcher du leste sur le processus: soleil / futur: la mort + as d’épées / the animal
wild unknown tarot et wild unknown archetypes pocket
Il se pourrait bien que la vision que tu tiens pour le moment n’est pas aussi claire qu’il n’y paraît de prime abord. Ce n’est pas qu’il se trame quelque chose de terrible, hein. C’est plutôt pas tout à fait le moment.
Genre on a envie de foncer dans une direction, mais l’introspection s’impose à nous. Tu proposes le mot-clé “naissance” tandis que le tirage indique “gestation”.
Peut-être n’es-tu pas tout à fait dans la saison de la vie que tu souhaiterais au niveau personnel. De plus, ça ne dépend pas de toi.
Le timing qui est tordu? Peut-être même pas. Peut-être que tout n’est pas encore très clair parce que ce n’est pas la saison, pas le moment. Rien de tordu dans tout ça. Maiiis… ça peut être déroutant.
Le Soleil invite à vivre pleinement dans le moment présent plutôt que se projeter.
Même si la Pendue peut suggérer l’introspection, pas question de fournir un travail pas possible pour ça. “Juste” lâcher prise. Laisser la perspective se retourner. Le taf est fait. Que ce soit le taf créatif ou le travail sur soi, l’Hermite en position passée indique que le temps a été pris et mis à profit. Mais là maintenant tout de suite, ce travail entre en dormance. Ou en gestation sans qu’on puisse savoir aujourd’hui ce qui pointera le bout de son nez dans x mois.
Des associations que j’emporte dans mon panier pour nourrir mes interprétations de la suite des pentacles / deniers.
La terre, au-delà des pentacles, c’est la vie. Et la mort. C’est le sol. Et la matière. Ce sont les interconnexions du vivant. Le mycélium sous le pied. Et le pied. C’est la forme de mon corps. C’est l’intérieur de mes intestins. Le compost. Et la pollution.
La terre, du tarot et de l’astro, c’est aussi l’apprentissage et le savoir. C’est la fabrication. L’engagement dans le sens des liens qu’on cultive. C’est la cultivation. C’est ce qui est sauvage. Et le ré-ensauvagement. C’est l’absence de démarcation entre les catégories. Ce sont les catégories.
C’est le processus. Le tissage. La composition. La transformation. La sensualité. Le plaisir. La beauté. La nuit. Les ténèbres. Le ventre. La régénération. Le sommeil. Les racines. Les pierres. Les ancêtres. La loyauté. La dévotion. Le quotidien. Les routines. Les rituels. La prière. Les ritournelles. La durabilité. Le temps long. Le sous-sol. Les arbres. La stabilité. L’endurance. La solidité. La confiance. La persistance. La résistance. Les traditions. Le corps. La santé. Le corps. Les limites. Le handicap. La beauté. L’obsession. La persévérance. La répétition. Le renouveau. Les rites funéraires. Les processions. La marche. La lenteur. La récréation. La Création. Le divin. Les lieux de culte. Les sanctuaires. Les autels. L’érudition. La responsabilité. L’excès. L’abondance. La générosité. La réciprocité. Les échanges. Le don. Les cadeaux. L’alimentation. Se nourrir. Tout ce qui nourrit. Les repas. Les offrandes. La révérence. Le respect. Le silence. Le temps. L’excellence. La désexcellence. Les règles. La désobéissance. La défense du vivant. Les pavés dans la propriété privée. Les cailloux. Rendre à la terre. Le respect. La beauté — encore la beauté. La douceurs. Les matières. Les textures. Les fibres. Le textile. Filer. Rassembler. Honorer. Converger. Les verges, les jardins, les forêts, les friches. Les semences. Les « mauvaises » herbes. La persistance — encore. La montagne. Ce qui est inébranlable.
extraits d’un tirage réalisé en février pour la nouvelle lune en poissons. 6 mois plus tard, la pleine lune et l’éclipse en poissons. essayer de répondre aux questions posées par le tarot.
La Tour
Comment continuer quand on est brisé·es Comment ramper si on ne peut pas se relever Comment être digne, intègre, courageux·se et généreux·se en pleine extinction, en plein effondrement du monde tel que nous le connaissions Comment se laisser tomber, comment ne pas résister, comment tenir, comment s'effondrer, comment résister
A quoi résister et à quoi céder Qu'est-ce qui doit s'effondrer et qu'est-ce qui doit s'assembler lorsque tout s'effondre Comment être digne, intègre, courageux·se et généreux·se lorsque le monde tel que nous le connaissons s'effondre
Que dit la terre? Que rugissent ses entrailles? Qu'est-ce qui surgit de ses enfers, de sa colère? Qu'est-ce qui se régénère? Qu'est-ce qui mugit depuis ses entrailles?
Comment répondre à ce cri de ralliement?
6 de coupes
Comment le travail auprès du territoire peut ou doit être partagé de manière pertinente?
La question des racines et de l’enracinement. Comment les mobiliser en tant que concepts et en tant que base et nécessité écospirituelles alors qu’ils sont également utilisés par l’extrême-droite pour exclure, pour tuer, pour démolir?
Le 6 de coupes nous aide à trouver une manière de parler du territoire et des ancêtres accueillante, bienveillante et inclusive. Une manière d’en parler qui invite, qui accueille et qui soigne. Tout comme se comporte le territoire.
Février 2025. Ecriture libre inspirée par un rêve et par les célébrations à venir des Krakelingen et Tonnekensbrand qui marquent la fin de l’hiver et l’appel du printemps.
Danser dans la nuit. Fertiliser la terre. Danser avec les nuages. Voler vers eux. Retomber. Ensemencer la terre. Craquelins qui font le tour du monde et le tour de la vie. Gourmandise de l’infini, ode aux cycles. Tournoient dans le ciel bleu. S’allument dans le ciel gris. La vie s’annonce fructueuse. Les désastres s’annoncent fracassants. Retombent sur le sol. Divination sur jet de craquelins. Offrandes à la rivière pour apaiser les prophéties. La mare est noire, la mare est sang. Elle absorbe le vin. La saison s’annonce catastrophique. Les récoltes mitigées. Mais la vie continue. Les craquelins dansent dans les airs. Les masques pour éloigner le mauvais œil. Les mascarades pour déjouer le mauvais sort. Et le feu de protection pour rallier les forces. S’unir pour ne pas périr. S’unir quand les promesses pourrissent. S’unir pour faire face.
S’unir pour ne pas périr. S’unir pour périr dignement. La mare rougeoie du sang de nos ancêtres. D’ici nous venons. Disette nous connaissons. On regarde flamber le feu. On se rappelle notre puissance la décadence aussi la torture et les souffrances
On rend hommage au feu. A sa puissance. Et on se rappelle de notre place.
Notre place humaine n’est pas de dominer Aux dieux je demande un peu de paix A la montagne, un peu de courage Au feu, la capacité de tenir sans m’effondrer Je pleure avec eux. Je leur offre mes larmes. Je chante leurs louanges. S’unir pour ne pas périr.
Ici, la douceur Et ici, l'enjeu de tout ce qui brûle dans le feu Les offrandes à l'hiver, à ce que l'on laisse derrière soi De la gratitude et puis les laisser flamber Walmke, walmke brand. Signifier aux environs que nous changeons, que nous nous engageons dans une nouvelle voie. Les inviter à se transformer eux aussi. Appeler de nos vœux collectifs des jours meilleurs. Appeler de nos vœux collectifs le succès. Ça me déchire le cœur. Il n'y aura pas de jours meilleurs pour nous. Alors agissons comme les ancêtres que nous sommes; nous incarnons aujourd'hui les jours meilleurs que nous souhaitons à notre kinship de demain, notre descendance sous toutes ses formes, pas seulement humaine. Au sommet de la colline, nous sommes le feu qui éclaire à travers le temps. La perspective de demains plus harmonieux. La force pour nos ancêtres brûlées en exemple (1). Il faut que nous soyons le feu. Il faut que nous soyons le feu.
Après cette écriture libre, je me demande… Pourquoi soudain l’importance du feu? Pourquoi l’incarner? Pourquoi le transmettre? Est-ce une valeur?
Et je pense…
aux torches d’Hécate. Elles nous montrent la ou les voies quand la confusion règne. Quand la terreur domine la nuit, elle est tourmentée par les apparitions dont les zombies se saississent. Les torches nous aident à réclamer (reclaim) la nuit. Elles nous aident à habiter la nuit. Elles nous apaisent lorsqu’on n’entrevoit aucune issue. Tout comme aux côtés de Perséphone remontant des Profondeurs, elles nous accompagnent quand nous nous engageons. Quand, à l’automne, nous retournons infiltrer les domaines mortifères, elles nous donnent le courage.
Pourquoi le feu?
Parce que l’activisme. Le courage. La force de ne pas avoir peur de mourir, de sacrifier, de se sacrifier, de se radicaliser, de disséminer, de se tenir maladroite sur les barricades, de s’échapper, de résister.
La force de se vider, de s’effondrer, de tout donner pour ce en quoi l’on croit. La force de persévérer. Ne jamais se résigner.
La force d’être les descendantes des sorcières qu’on a brûlées. Et de ne pas craindre le bûcher. La force de répliquer: vous aller voir comment *insérer une facette* sait mourir. (2)
Le feu, c’est la passion. Ce qui ne se résigne pas. Ce qui est prêt à tout perdre, à tout donner. Sans demi-mesure.
C’est la passion. Et la foi. l’énergie, la persévérance.
C’est le signal sur la colline C’est l’âme du foyer C’est l’âme du monde, l’anima mundi, l’irrésistible force qui nous unit et qui nous détruit. Qui donne la vie. Et qui la reprend.
C’est le courage et c’est la témérité.
Ce sont nos entrailles. Nos tripes. Nos convictions. La rébellion.
C’est notre insoumission. Effrontément frondeux·ses Et par-dessus tout, c’est le courage dont nous manquons parfois. C’est la radicalité inévitable pour combattre les extrêmes-droites pour faire face à la haine et à la déshumanisation
C’est la passion et l’engagement contre l’indifférence
Ici, au sommet de la Vieille Montagne, qu’est-ce que le feu du Tonnekensbrand? Quel est son sens en 2025? Qui est le feu?
Elle brûle, solaire, pour dissiper les brumes de l’hiver. Elle s’élève. Elle se réveille, la colline.
*reprendre son souffle*
et comme nous dansons et comme nous nous éteignons les cultes oubliés s'animent dans nos cœurs et les Esprit du Lieu s'incarnent comme nous dansons et comme nous chantons
Le Feu: la passion, le mysticisme, le travail énergétique ou sorcier, le cœur ouvert, ardent, engagé, vibrant. A la base, je le considère comme l’élément le plus flippant. Entre le concept de la rose mystique et l’énergie solaire de lieux que j’affectionne, je m’en rapproche, j’essaie de me trouver à l’aise avec cet éléments et d’allumer mon feu intérieur (d’autant que les signes de feu sont dans mes maisons 4, 8 et 12 dans mon thème natal). En fonction des transits astrologiques, le feu me soutient. Depuis le feux de tonneau pour célébrer la fin de l’hiver au sommet de la colline, je sens sa force.
L’air des Gémeaux inspire les Amoureuses (au pluriel comme ce signe double) à prendre leur envol.
Si on suit les cartes “dans l’ordre”, après avoir tourné autour du savoir, on s’en empare avec les Amoureuxses, quel qu’en soit le prix. Dans un élan que rien ne semble pouvoir arrêter, on choisit ses propres expériences. On opte pour la vie qu’on a envie de mener. On s’efforce de faire péter les carcans. quitte à ce que l’effort soit un peu trop forcé. on teste ses limites. on aura largement le temps de recalibrer plus tard (si on suit les cartes en ordre linéaire : à partir de la Force).
on se laisse porter par le vent de fraîcheur des Amoureuxses. on assume. on revendique. on se libère de tout préformatage.
on fait de la place – et s’il n’y en a pas assez on en libère davantage : à qui on aime, à ce qui nous passionne, à de la nouveauté, à une nouvelle spiritualité, une autre formation,… c’est pas pour se la jouer rebelle. c’est un impératif. on s’efforce de vivre notre vie d’une manière qui fait sens pour nous. on s’écoute. on s’épouse.
L’Empereur et L’Hiérophante nous ont fait réfléchir à notre structure. Le Chariot nous fera ajuster notre armure et considérer notre endurance. Entre elleux, un vent de liberté souffle sur les Amoureuxses. on prend le risque de s’engager dans la voie qui nous appelle.
on retrouve l’air du Fou avec cette carte. on se sent pousser des ailes. on fait un pacte avec nos envies. impossible de résister à notre curiosité. il faut qu’on les suive! on les laisse nous titiller. on leur prend la main. on devient.
La Hiérophante est une carte de savoir, de croyances et de transmission. Son association au Taureau indique le souci de la conservation, de la protection et de la continuité dans ces domaines. A l’inverse, la carte qui suit, les Amoureuxses, avec le signe des Gémeaux, correspond à plus d’émancipation et d’innovation quand elle traite de ces questions. Mais avant l’envol des Amoureuxses, la Hiérophante invite à prendre le temps. Elle stabilise notre rapport à nos processus d’apprentissage. Elle instaure un cadre dans lequel les comprendre. Ainsi, elle représente notre rapport à nos aîné.es et à nos ancêtres. Et ce, dans des champs allant de nos convictions politiques, spirituelles ou philosophiques à nos compétences techniques en passant par les (éco)systèmes dans lesquels on s’inscrit.
La Hiérophante est l’archiviste. En sa compagnie, impossible de faire fi de nos origines, qu’elles soient mythiques, symboliques ou inscrites dans des arbres généalogiques. Elle est l’historienne qui consigne ces informations puis les analyse. Dans les tapisseries dont les fils nous ont fait.es et défait.es, quelle est notre place? Qu’est-ce qu’on revendique dans nos racines? Comment gravite-on dans nos constellations? De quoi se détache-t-on? Qu’est-ce qui nous dérange? De quoi ou de qui faisons-nous ouvertement scission? Quels travaux nous ont inspiré.es? Quel.les profs nous ont autant influencé.es que déçu.es? L’Hiérophante est la thérapeute qui offre un espace pour les ambiguïtés. Avec cette carte, on cartographie nos réseaux. Elle est notre position parmi eux. Elle est l’ensemble des chemins entre les différentes composantes. Elle représente nos perspectives d’évolution, collectivement et personnellement. En ça, elle est l’ensemble des positions au sein du réseau, qu’elles soient passées, existantes ou potentielles.
La liberté d’apprentissage
Parce que chaque carte brille sur un spectre, elle est aussi tout ce qui nous garde figé.e, comme le signe du Taureau qui s’applique à conserver. Elle symbolise les moments où l’on remet à d’autres les clés de nos connaissances, où l’on apprend scolairement sans questionner la matière enseignée. De là, elle évoque également notre rapport aux institutions, aux écoles de pensée, aux religions, aux entreprises. Elle constate que les réseaux sont aussi les biopolitiques, nos corps comme lieu de rencontre des savoirs/pouvoirs, nos corps marqués, nos corps récalcitrants et nos corps obtempérant.
Complexe, elle n’oppose pas la soumission à la révolution. Elle crée des passages, des failles dans ces systèmes qu’elle peut aussi incarner. Elle nous rappelle qu’il n’y a pas de dehors aux systèmes et cela ne veut pas dire que tout est couru d’avance, perdu, condamné. Elle questionne notre puissance d’agir par rapport aux pouvoirs. Est-ce qu’on s’écrase? Est-ce qu’on résiste? Est-ce qu’on s’échappe? En tout cas, avec elle, nous n’inventons pas. Nous existons dans le collectif. Les récits s’entremêlent. Les connaissances se tissent. On apporte nos pierres à l’édifice et/ou nos pavés dans les barricades et/ou nos résidus au compost.
Parce qu’elle est l’atout numéroté 5, La Hiérophante se réverbère dans les 5 des suites, cartes de crise par excellence. Crises de foi. Débusquer les théories du complot. Bousiller les dogmes. Rébellion face aux autorités. Tourment lorsque l’autorité s’immisce malgré soi dans nos dynamiques collectives. Abus de pouvoir. Désabusé.e face au pouvoir. Réclamer sa puissance personnelle et/ou en tant que groupe minorisé. Décoloniser les savoirs. Reprendre le contrôle de ses récits. Faire face aux retours de bâton suivant des droits chèrement acquis. Ne pas se contenter de l’égalité juridique. Ni d’un washing stratégique. Déloger l’oppression intériorisée. S’acharner. Se battre.
Parce qu’elle est l’atout numéro 5, La Hiérophante célèbre la constance du chaos. La constance du changement. Et les mycéliums de la continuité.
2. Un message
dédié aux haies, prairies et étangs du Rouge-Cloître qui ont rencontré lae Hiérophante pour inspirer ce texte, peut-être se souviennent-ils des temps qui ont précédé l’instauration d’un prieuré, des temps où les prés étaient la Forêt et les étangs, les ruisseaux qui les traversent encore.
Bienvenue dans la danse de Lae Hiérophante! Avec moi, avec nous, ensemble, traçons le cercle, reconnaissons le caractère sacré de cet endroit, amplifions-le.
La forme de ce sanctuaire, le cercle sacré, le magnifie. Mais tout lieu peut être ainsi chargé, par essence ou par volonté: mon corps, un corpus, une partie de moi, un espace virtuel ou méditatif, un lieu historique, un bois, une source, des roches, un carrefour.
Je suis la gardienne, temporaire ou définitive, de plusieurs de ces temples. Nous le sommes toustes. L’intentionnalité fabrique le sacré. (Se) remarquer fabrique le sacré. La réciprocité fabrique le sacré.
Ce sacré ne s’oppose nullement au banal, à l’impur, au pollué. Au contraire! Il est les Communs. Ce sacré n’existe pas pour séparer, pour distinguer, pour encourager l’élitisme. On ne peut pas s’en servir afin de marquer chasse gardée. On ne peut pas abolir les Communs.
Ils existent.
Je suis la gardienne inhérente à chacun de ces lieux. Je n’en suis pas le dehors. Je suis la protectrice immanente. La résilience en toute chose. Je n’ai besoin d’aucun.e sauveurse.
Je suis Les Communs. L’inaliénable partage. Je suis le refus de l’appropriation ainsi que l’affirmation de l’interdépendance.
On ne se sert pas des Communs. On y contribue. On écoute. On est au service d’un tout, chaque partie aussi indispensable que les autres.
On écoute : les Communs incluent le non-humain. On se décentre quand on est humain.e. Ainsi on apprend sans cesse à demander: est-ce que cette plante veut être cueillie ? Qu’en dit l’abeille ? On ne présume pas des réponses. Les humain.es tendent à vouloir sauver ce qu’iels s’évertuent à détruire. La résilience les dépasse souvent.
On écoute : est-ce que ces fleurs viendront nourrir les humain.es ou deviendront-elles des baies pour les oiseaux à l’automne ? Il n’y a ni bonne ni mauvaise réponse. Les Communs évoluent.
Les Communs poussent dans les interactions.
On ne possède pas dans les Communs. On tisse. On converse. On diffuse. Tout mot est aussi indispensable que les autres. Il n’y a pas de contribution insignifiante. Pas plus qu’il n’y a de contribution dominante.
Nous sommes submergé.e.s dans les eaux du mysticisme. Nous ne faisons qu’un.e avec les profondeurs, avec le cosmos, avec les déités, avec les monstres, avec les rêves. Tout fusionne dans l’océan des Poissons. Malgré l’envie de nager dans cet idéal nous devons rester vigilant.e.s. Cette belle hyper connexion nous leurre. Malgré la magie de La Lune, tout ici n’est pas conforme à son apparence.
Quand l’obscurité de La Lune nous appelle à notre meute, à nos instincts, à notre imagination, on a envie de courir, débridé.e.s, sans laisse, sans garde-fou, sans réserve, sans garde-loup. On répond spontanément à l’appel. Une mémoire profonde, engloutie, oubliée jaillit à la surface. On est persuadé.e.s qu’elle ne peut pas nous tromper. Elle semble trop évidente pour s’en méfier.
Pourtant, il est facile de s’égarer au clair de lune, méprenant la fiabilité de son éclairage pour celle du jour ou d’une lampe. Beaucoup trop facile de se perdre dans les méandres de l’infini, d’y perdre un peu trop de sa raison, de louper le dernier train.
Avec La Lune, on se retrouve semblant de rien à errer. Déboussolé.e.s. On perd le Nord. On a l’impression de perdre la boule. L’appel de l’Inconnu peut céder sa place aux tourments de l’indéfini, aux jeux d’illusions.
Incontournable, La Lune fait partie de nos existences. Elle nous offre des expériences profondes, totales, émouvantes. Elle nous aide à ne pas prendre pour acquis un rationalisme exacerbé. Elle nous connecte à la magie. Elle est un enchantement. Une vision qui nous marquera à vie. Un rite de passage induit par un état de conscience modifié. Elle est vitale. Elle nous sort de nos limites. Elle nous dissout. Elle nous nourrit. Elle est inévitable. Rechercher des itinéraires alternatifs ne ferait que prolonger l’expérience. ça la rendrait plus douloureuse. Plus dangereuse.
Mieux vaut toutefois ne pas s’aventurer sans équipement dans son univers sans frontière. Quel est notre fils d’Ariane ? Les miettes de Petit Poucet sont-elles stockées dans nos poches? Les pacte signés avec Ursula ne valent pas ici. Ils sont rencontrés par un rire odieux. Il nous faut des outils. De la ruse dans ce monde à l’envers. Des robustes limites personnelles et/ou collectives.
Bénéficie-t-on d’un soutien thérapeutique? Si non, ne pourrait-ce pas nous stabiliser pendant notre immersion dans les fonds marins ou pendant notre voyage spatial intergalactique ?
Quels sont nos réseaux de soutien? Nos bouées ont-elles besoin de rustines?
Je suis parfaitement aligné.e. Je marque un temps d’arrêt pour visualiser différentes parties de moi: mes nombreuses craintes, là où j’ai besoin de tout contrôler, là où je n’arrive pas à me motiver, là où j’ai l’impression de toujours échouer, là où je réussis sans parvenir à me réjouir.
Je visualise mes hauts et mes bas.
Mes espoirs démesurés mais réels. Les peurs qui ne me quittent pas. Mes mots féroces envers d’autres et envers moi-même. Mes limites ramollies qu’on a trop souvent pas respectées.
Je les visualise. Et puis, je les cajole. Au lieu de m’autoflageller, j’essaie de prendre soin de ce qui rugit en moi. J’essaie de m’en approcher, convaincu.e que cela ne peut pas me dévorer. Certain.e qu’on peut coexister.
Sereine, j’initie un voyage vers moi-même. Il ne sera pas à l’abri des hauts et des bas. Je me sens suffisamment fort.e pour m’engager à créer de l’espace et du soin afin de découvrir plus de recoins de qui je suis. Les endroits moins (re)connus. Les lieux pas entretenus. Les sanctuaires suréclairés. Les cavernes où aucune règle ne vaut. Les comportements indisciplinés. Ingouvernables. Rebelles.
Je vais sereinement à la rencontre de mes friches.
Je sens un flot de confiance dans mon corps. Un coup de boost dans mon estime. Un regain de fierté sur mon visage. Du mouvement dans mon énergie. Une flamme tranquille dans mes tripes.
Fort.e de cette assurance posée, j’accueille la persévérance. Solaire, radiante.
Dévoué.e, obstiné.e à prendre soin de ma sauvagerie. À réensauvager (rewilding) mon être. Ce faisant, je perçois l’ensauvagement autour de moi – d’autres êtres, créatures, lieux indisciplinés, sauvages, anarchiques, à contre-courant de la « civilisation ». Pourtant, j’aperçois avant tout l’organisation de ces écosystèmes, le respect qui les anime, l’absence de prise de pouvoir.
La puissance de la Force ne brille pas au détriment d’autrui. Ni de la nature ni du cosmos. Opérant comme le Soleil, elle est indispensable à la vie. Elle ne cherche pas à écraser. Elle encourage à pousser, herbes folles.
Comprendre La Force
La Force. Le feu solaire. Cette force de vie qui nous vient d’on ne sait où. Elle paraît lointaine et pourtant partout. Elle réchauffe nos os trempés par les épreuves, notre cœur qu’on a préféré ranger au congélateur par crainte d’être blessé.e. Elle apaise nos tourments. Pour cela, elle ne les fait pas disparaître. Elle les rend palpables.
Avec le feu solaire du lion de La Force, les angoisses – par définition incontrôlables et généralement inexplicables – se mettent à notre portée. Elles sont moins effrayantes de près, plus gérables ou, au moins, abordables.
Auprès du fauve, se laisser danser avec les rayons du soleil, infinis sur la carte 8. Ils deviendront la flamme de la lanterne de l’Ermite dans la carte 9.
Chercher à apprivoiser au lieu de dompter. Etre à l’écoute au lieu de prendre la fuite. Etre présente Non-dominante mais forte L’art de la présence
J’ai caché mes yeux derrière les tiens. Que ton corps fasse barrage au soleil! J’ai caché mes blessures à l’abri de la lumière Pour priver ma peur de la vitamine D dont elle a besoin pour se réparer.
J’ai voulu me mirer et me mirer encore dans les ombres: qu’elles aspirent toutes mes couleurs qu’elles me rendent ce qui est mieux
Le néant
J’ai appelé le néant de mes vœux. J’ai voulu lui donner ma vie.
J’ai voulu vivre où tout aspire la vie. En attendant la mort. J’ai prétendu n’exister que terrée dans les grottes. A moitié mousse, à moitié crotte.
Mélange des réjections des chouettes, de la pisse des ours et des traînées gluantes des vers
J’ai vécu les histoires des rêves les visions des sorcières l’amnésie des traumas
Je n’ai pu être moi. Sans les morceaux de mémoire que j’avais enterrés, comment être? Comment être moi?
J’ai caché mes yeux dans la cage thoracique de la louve.
J’ai suspendu mes boyaux aux stalactites.
Comment être moi? J’en ai avalé des couleuvres, en quête d’un récit qui me ramènerait à moi-même. Des vertes, des translucides et leurs mues. J’en ai chéri, des hallucinations censées rétablir un soupçon de sens. J’en ai enlacé, des illusions. J’en ai lacéré des peaux! J’en ai léché des plaies! Je me suis abreuvée de mes lamentations pour les transmuter en sérum de vérité.
J’ai tenté de m’extraire.
Le néant.
Dans les étreintes de la mère-louve, j’ai étouffé mon désespoir. J’ai suffoqué sous sa garde. J’ai mâchouillé du lichen, transformant ses extraits en potions abortives afin de condamner mes renaissances. J’ai agrippé la pierre en me tordant de douleur, en maudissant mon destin, l’impossible renouvellement.
Quel est le remède du 7 de coupes? Faut-il rompre le charme de la transe? Faut-il lutter pour s’extraire de la confusion? Faut-il s’acharner à trier, à décider, à discerner?
Je veux célébrer le 7 de coupes qui se laisse aller à la contemplation.
Je veux que se dilate le temps improductif du 7 de coupes. Je veux qu’il inonde mes rêves, mes journées, nos rhizomes, nos fantômes.
Je veux sentir nos corps fondre sous l’effet du 7 de coupes. Que les tensions se dissipent! Que les idées se dispersent! Qu’elles foisonnent ou qu’elles se perdent importe peu. Je veux me diluer dans les récipients. Je veux la dissolution des récipients. Je veux circuler dans ses boues.
Je ne veux pas forcer l’échappatoire. Je veux faire des glissades sur le bourbier.
Me fondre, me fondre. Au lieu de me précipiter, contempler les utopies. Aussi longtemps qu’il le faudra. Le planning ne m’appartient pas.
En plus de cette méditation sur le 7 de coupes, je t’invite à regarder ma dernière vidéo. Elle porte notamment sur les 7 dans chacune des quatre suites de l’arcane mineur.