Reine d’épées. Une survivante

La Reine d’épées

Une épée dans la tête
Une chouette sur l’épaule
Une auréole

Et

Est-ce un diadème ou mille dagues
Plantées tout autour de sa tête ?

Tiare ou poignards ?

C’est une survivante
Rien ne peut l’abattre
S’il faut être spectre, qu’elle en soit ainsi
Le sceptre planté dans le crâne

Je suis apparue dans la brume
aux aurores
parée d’or
Flanquée d’hiboux et de dagues
Couronné de dagues
Rayonnante

Les secrets, je les emportais dans la nuit, drapés d’or, arrangés dans les linges ordinaires

Le temps ne m’aura pas rendu l’innocence

Mes larmes ont encore le goût du sang
Autant que de la mer

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Cartomancie poétique avec le Literary Witches Oracle

Interprétation du jet de cartes en écriture automatique + lecture spontanée

J’éclaire mon chemin. Faiblement, d’une lumière aussi vacillante que ma main, la lanterne partage son éclat. Elle donne naissance à des ombres. Je sursaute. J’éclaire malgré l’épaisseur de l’obscurité dont le manteau de pierre pèse sur mes épaules.

Mes doigts trouvent la fente dans le tronc. Le creux de l’arbre répond aux frémissements de mes doigts. L’excitation coule le long de mes articulations.

Je bois goulûment la sève à même l’écorce. J’arrose les racines en retour. Nous fusionnons. J’entre. J’entre dans l’intimité de l’arbre. J’entre dans le creux du monde. Je n’ai plus besoin de lanterne car l’élixir est maître de mes visions.

Mes os s’entrechoquent. Je suis réduite à une version dépouillée de moi-même. Les os forment la limite entre la terre profonde, les existences passées, les secrets dont on m’a dépouillée et l’infinie capacité à revenir des morts. J’orne mon crâne d’une couronne de fleurs.

Les fleurs sauvages poussent sans la photosynthèse. Elles sont primaires. Brutes. Primordiales. Irrécupérables. Inénarrables. Les fleurs sauvages poussent dans le pot de mon crâne décharné par mes années d’errance. Les fleurs sauvages poussent dans les tripes des êtres de la nuit, dans les entrailles des chats qui chassent sans lassitude, dans les viscères des créatures qui s’échappent sans relâche. Les fleurs sauvages poussent, champignonnesques, dans les vestiges de mes articulations. Elles poussent dans les vertiges de mes hallucinations.

Tout en bas, je suis épuisée, guidée dans ma danse macabre par le bruit de mes os qui s’entrechoquent. Je suis guidée par la musique de mon être élémentaire, cet être qui n’est plus à moi, qui n’a plus d’identité. Cet être composé-e de ramifications et de mycélium est guidé-e par la cadence des os. Epuisée, elle se blottit dans la tasse de thé. Elle dépose ses glaires, coussins de fortune, avant de s’endormir.

Tu liras son histoire dans les formules micellaires déposées autour de la paroi quand la tasse sera vide. La tasséomancie ou l’art d’entendre les fantômes. L’art de relâcher la lune ou l’existence dans un chaudron. Je reviens. Tu sais que je reviens. Comme la lune toujours revient, je reviens. Recomposée, décomposée, j’émane du chaudron. Mes vapeurs agrippent des nuages. Bientôt, je serai la brume. L’aurore ne m’attend pas. Je reviens pourtant, flottant sur sa croupe. Substantielle, je rampe. Je suis matière. Mon histoire éphémère ne connaît pas de fin. Que des renouvellements…

Une histoire centenaire éclaire nos chemins. 

6 de vases. Tisseuse

Je suis une tisseuse
Ma vie ne m’appartient pas complètement
J’intègre les fils

Fil du traumatisme
Fil du divin
Fil des ancêtres
Fil des contes
Fil du fantasme
Fil de la dystopie
Fil du déni
Fil des codes
Fil de l’inconnu
Un fil, des fils, des pelotes

Je tisse du mieux que je peux
Par devoir comme par passion

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Cailloux, pentacles… dégager des chemins

Laisser des cailloux derrière moi 
Afin de retrouver le chemin du retour
Murmures remontant depuis la vase de la rivière :
Il n’y a pas de retour en arrière
Tu dégages ta route désormais
Tu n’auras pas besoin d’indications pour revenir
Les cailloux symbolisent ce que tu quittes

Les étoiles et le soleil pour unique boussole
Pas de GPS élaboré, pas de communication satellite
Je suis en route vers la nouvelle moi
J’ai peur qu’elle ne brille pas autant 
J’ai peur que ma mue précédente était plus éclatante
Je suis en route
J’aperçois mes reflets

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Magie britannique

— Dans le calme de mon esprit
Des apparitions

Lieux lourds de présences, légers de cette magie
J’arpente la ville, j’écoute ses secrets

J’arpente
Demain, on s’en souviendra, susurrent les oiseaux

Je suis venue d’ici
Ou d’ailleurs
Je ne sais plus très bien

Ce qui compte, c’est ma vie en cet instant
Donnée à cet endroit – pour quelques minutes


We had many stories to tell.
They are interwoven in such an intricate way, they don’t make sense to anybody
We celebrate them
They’re our beautiful, complicated stories.
We wouldn’t trade them for anything in the world

I’m sitting with you.
On the edge of the cliff
We breathe, we swallow the wind, heavy with salt
We get to start again
As I look into the depths of your eyes
I remember we’re allowed to start again
My belly aches
We crave for stability Lire la suite « Magie britannique »

Hekate et lunaisons

Pour Hekate de la Nouvelle Lune🌙

L’œil aguerri du faucon
Toi qui assistes de très loin
Entourée des tiennes
Maîtresse des covens
Ou dans le silence des dunes
Marcheuse de la solitude

Hekate-Artemis
Tu assistes
Tu vises d’une main assurée
Ta lance ne manque pas une cible
Bouillante
Ton arc tendu condense les passions

Les routes n’ont aucun secret pour toi
Hekate des oracles
Reine des armes et de l’armoise
Gardienne des équilibres
Entre les mondes, les éléments, les créatures

Hekate, tu ajustes
Aux croisements
A l’orée
Dans les clairières
Gardienne du sacré
Divinité des déchets
Protectrice des enchanteresses
Justicière au jugement aimant
Même quand il est sans appel

Tu confies le croissant de la nouvelle lune

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L’art des selfies

J’élabore des selfies. J’en ai rien à foutre de l’art. Tu me verras parce que tu ne peux m’échapper. Nous sommes fait.e.s de chair et de de reflets. Nous sommes les rayons qui percent l’arrogance des apparences. Nous sommes les éclairs qui viennent à bout des protections, des coffres bien scellés. La perception de nous se réfracte. Nous sommes les fractures. Nous sommes les rayons.
J’élabore des selfies.

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Le langage d’une malade chronique (3 de branches, 8 de vases, 4 de pentacles)

Quand le langage de la douleur chronique
Compose sans mots

Quand les perspectives
Rencontrent la dissociation
Rencontre des cuillères au rabais

Me tirer les cartes + me tirer le portrait
Tarot + selfies
Moyens d’expression

Qui peut déterminer
Ce qui rend correcte
La communication?

Ce qui rend valable
L’art?

Qui valide?
Qui est valide?

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Tarot + selfies
Tenter de projeter, de planifier
(3 de branches)
Vouloir échapper
A un corps
Qui s’effondre, qui s’étire
Aux tissus conjonctifs
Qui tiennent, soutiennent
Craquent, se déchirent Lire la suite « Le langage d’une malade chronique (3 de branches, 8 de vases, 4 de pentacles) »

Les Amoureux-ses, le cœur

Le cœur,
C’est ce qu’il faut suivre
A ce qu’on dit

C’est ainsi qu’il faut parler
Paraît-il
Pour « faire » authentique
Avec le cœur

Ouais ouais c’est ça

C’était quand ton dernier cœur-à-cœur
Avec toi-même?

T’as tout un tas de décisions à prendre
Suivre ton cœur
Avec Les Amoureuses
C’est les poser pour toi

Pas pour te prouver
Pas pour correspondre
Pas parce que ça se fait
Pas pour être conforme
Pas pour être anticonformiste
Pas pour te sauver la mise

Tout un tas de décisions
Qui trouvent leur résolution
Là où la palpitation sonne juste
Quand tu l’énonces
Dans chacune de tes particules
Là où tu es fébrile, intègre, juste
Et, surtout, libre
Le temps d’un battement
Le temps d’un sursaut

Le cœur,
C’est là où tu vas